La rhinite allergique

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Avec le printemps arrivent la rhinite allergique et son cortège de signes plus ou moins invalidants. La fréquence de la rhinite allergique a beaucoup augmenté entre les années 1960 et les années 2000, sans doute et en partie à cause de la pollution atmosphérique, notamment d’origine automobile. L’association Asthme et Allergies met à la disposition du public un document d’information sur le rhume des foins ou rhinite allergique saisonnière. Il nous a semblé intéressant de pouvoir vous en faire profiter. 

Quand faut-il penser à une rhinite allergique ?

Les signes habituels qui doivent faire penser à une rhinite allergique sont regroupés sous le sigle PAREO :

P comme Prurit, qui signifie que le nez démange,
A comme Anosmie, qui signifie que l’on perd l’odorat (plus rarement),
R comme Rhinorrhée, qui signifie que l’on a le nez qui coule,
E comme Eternuements,
O comme Obstruction, qui signifie que l’on a le nez bouché.

Il existe deux types de rhinites allergiques : les rhinites allergiques intermittentes (le plus souvent saisonnières, dues au rhume des foins) et les rhinites allergiques persistantes.

Il n’y a pas de saison pour la Rhinite Allergique !

L’idée qu’on se fait couramment à propos de la Rhinite Allergique, amène à considérer celle-ci uniquement à l’approche des beaux jours, lorsque le printemps revient. Mais hélas, qui dit Rhinite Allergique, ne signifie pas seulement une gêne occasionnée par les pollens et les graminées. D’autres allergènes, nombreux et variés (acariens, moisissures, blattes, animaux…) en sont aussi à l’origine.

Pourquoi consulter votre médecin ?

Il a été démontré que les personnes souffrant de rhinite allergique persistante, avec le nez qui coule et qui est bouché, ont une qualité de vie qui peut être altérée. En effet, la rhinite allergique provoque des troubles du sommeil et une gêne durant les activités quotidiennes, tout ceci entraînant de la fatigue pouvant aller jusqu’à des arrêts de travail et des absences à l’école. Votre médecin, grâce à un interrogatoire précis et des tests divers, va pouvoir poser le diagnostic de rhinite allergique et vous proposer des solutions.

Quelles sont les causes possibles de rhinite allergique ?

La rhinite allergique est souvent causée par les pollens, surtout au printemps. Il existe 3 grandes familles végétales à pollens allergisants : les arbres, les graminées et les herbacées (herbes sauvages). Les types de pollens responsables de cette rhinite allergique, appelée aussi rhume des foins, peuvent varier selon les régions et les saisons. Le rhume des foins se manifeste par 3 signes presque toujours présents :

  • le nez qui coule comme une fontaine,
  • le nez bouché,
  • les éternuements fréquents.

D’autres manifestations peuvent être également très gênantes comme : des démangeaisons des yeux, du nez, de l’arrière gorge, une sensation de sable dans les yeux qui pleurent, un odorat diminué, de la toux sèche.

La rhinite allergique peut aussi être causée par d’autres types d’allergènes (acariens, moisissures, blattes, animaux…), responsables le plus souvent de rhinite persistante.

Pourquoi faut-il soigner votre rhinite allergique ?

La Rhinite Allergique semble tellement fréquente et concerner un si grand nombre de personnes, qu’elle est souvent banalisée et méprisée.  Goutte au nez, « Rhume de cerveau » comme disaient nos grand-mères, éternuements à répétition, qui font sourire ou agacent… tous ces signes doivent nous alerter lorsqu’ils perdurent. Or souvent, on n’y prête pas suffisamment attention, et le geste du mouchoir jetable, vite pris et aussi vite envoyé dans la corbeille est presque automatique. Mais également « symptomatique » !

Même si cela fait sourire, il faut s’en inquiéter. Car on sait désormais – les études l’ont montré – que plus de 20 % des personnes souffrant de rhinite allergique ont également de l’asthme et que 80 % des asthmatiques ont aussi une rhinite. L’enjeu est donc important.

Quel est le traitement de la rhinite allergique ?

Le traitement de la rhinite allergique repose sur l’éviction des allergènes, les médicaments et l’immunothérapie spécifique (désensibilisation).

L’éviction

Quelques conseils de bon sens permettent de réduire les symptômes de la rhinite. Ils sont fonction des allergènes en cause. Il est difficile d’éviter les pollens à moins de changer de climat lors de la saison pollinique. Néanmoins, quelques précautions simples permettent de réduire les quantités de pollens inhalés :

  • Se renseigner sur les conditions météorologiques avant une promenade à la campagne : la quantité de pollens dans l’air augmente les jours de vent et en particulier avant les orages ;
  • Ne pas rouler en voiture décapotable lors des pics polliniques ;
  • Rincer les cheveux longs, le soir avant de se coucher, après une promenade ;
  • Éviter de dormir la fenêtre ouverte si le lit est près de la fenêtre ;
  • Fermer les fenêtres lorsque l’on tond le gazon.

Si vous êtes allergique aux acariens, une maîtrise globale de l’environnement peut vous être proposée, en particulier au niveau de la chambre : housse anti-acariens au niveau du matelas, des oreillers et de la couette, sommier à lattes avec des pieds d’une hauteur suffisante (le matelas ne doit pas être posé directement sur le sol), absence de tête de lit capitonnée, traitement régulier de la moquette par un acaricide.

Il faut également éviter les tissus muraux, les doubles rideaux, les descentes de lit en peau d’animal, et réduire dans une chambre d’enfant le nombre de peluches. Il faut préférer les bibliothèques fermées aux simples rayonnages où s’entassent des livres.

Si vous êtes allergique à un animal, s’en séparer reste la meilleure solution. Si cela n’est pas possible, il faut au minimum interdire l’accès de la chambre à l’animal, même si l’on est absent.

Les purificateurs d’air avec filtre HEPA (Haute Efficacité sur les Particules Aériennes) réduisent la densité des allergènes dans l’air.

Si vous êtes allergique aux moisissures, une aération régulière des pièces diminue leur développement. Des travaux de l’habitat sont parfois nécessaires en cas d’infiltrations d’eau ou de fuites. La présence d’un aquarium ou de bacs à réserve d’eau pour les plantes vertes favorise la prolifération des moisissures. Bien entendu, n’oubliez pas le polluant le plus nocif pour le nez : la fumée de tabac.

Les conseils d’une conseillère médicale en environnement intérieur peuvent être particulièrement utiles dans ce domaine

Les médicaments

Les médicaments utilisés pour traiter une rhinite allergique dépendent de la fréquence des symptômes et de leur intensité. Les médicaments les plus utilisés sont les antihistaminiques. Ils agissent rapidement sur l’écoulement nasal et sur les démangeaisons nasales, ainsi que sur les signes associés à la rhinite comme les symptômes oculaires souvent rencontrés dans les allergies aux pollens. Ils sont moins actifs sur l’obstruction nasale. Les corticoïdes locaux ont une action anti-inflammatoire. Sous forme de pulvérisations nasales, ils sont fréquemment prescrits en cas de rhinite allergique. Ils sont actifs sur tous les symptômes de la rhinite allergique et en particulier sur l’obstruction nasale. Les antileucotriènes peuvent être utilisés pour traiter les patients asthmatiques ayant une rhinite allergique associée. Les décongestionnants locaux, actifs uniquement sur l’obstruction nasale, ne doivent être utilisés qu’en cure courte (maximum 5 à 7 jours de suite).

DESENSIBILISATION (ou immunothérapie spécifique) Il existe 2 types de désensibilisation :

  • La voie sous-cutanée : on injecte de façon régulière à la personne allergique une dose de l’extrait d’allergène auquel elle est allergique ;
  • La voie sublinguale : on dépose régulièrement sous la langue l’extrait de l’allergène.

Une désensibilisation efficace doit être prolongée au moins 3 ans.

Source : Asthme & Allergies – Avril 2011