Les effets de l’altitude et du froid sur l’asthme

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Quelles précautions prendre ?

Effets de l’altitude, de l’air froid et sec chez un asthmatique  ?

Rappelons que la FiO2 en altitude (proportion d’oxygène dans l’air) diminue avec l’altitude :

  • 21 % au niveau de la mer,
  • 18 % à 1 200 mètres,
  • 15 % à 2 500 mètres et
  • 12 % à 4 200 mètres.

Pour déterminer les effets de l’attitude, des patients asthmatiques ont été étudiés dans des conditions atmosphériques simulant une altitude de 2500 m. Ces patients présentaient déjà une réduction de 10% de leur VEMS à l’effort en conditions normales. Le test d’effort réalisé n’a pas induit d’hyperréactivité bronchique et de bronchostriction.

En altitude, la pression atmosphérique et la concentration d’oxygène étant diminués, l’organisme compense en augmentant les fréquences cardiaque et respiratoire puis le nombre de globules rouges.

Le passage en haute altitude, lors d’une ascension rapide au-delà de 1 500 m, sans accommodation entraîne :

  • un mal aigu des montagnes avec des céphalées, des nausées et une lassitude accompagnée d’insomnie.
  • un œdème cérébral des montagnes avec maux de tête et vomissements ou
  • un œdème pulmonaire des montagnes avec une toux, un essoufflement et une cyanose.

En altitude au-dessus de 1 600 m, les acariens  ne peuvent se développer ce qui tend à diminuer les réactions inflammatoires bronchiques chez une personne allergique asthmatique. Par contre, une étude portant sur le lieu de résidence, entre 450 m et 1 800 m, d’enfants de plus de six ans a constaté que la fréquence des hospitalisations pour asthme augmente régulièrement de 7 % chaque fois que l’altitude de la résidence augmente de 100 m.

Implication de l’air froid et sec L’altitude seule entre 1 500 et 2 000 mètres n’entraîne pas un manque d’oxygène important. Par contre au-delà de 2 500 m, la proportion d’oxygène n’est que de 15 % et va en diminuant au fur et à mesure que l’on monte. Cette rareté de l’oxygène combiné à une diminution de l’humidité ambiante et la présence d’un air froid entraîne une réaction de bronchostriction des bronches. Le mécanisme de cet effet n’est pas encore complètement compris.

Deux facteurs sont essentiels à son déclenchement :

  1. une activité physique réclamant une accélération du rythme respiratoire et
  2. de l’air sec et froid.

Tout facteur irritant supplémentaire majore le risque de déclencher plus rapidement un bronchospasme.

Le spasme bronchique induit par l’exercice survient parfois pendant mais surtout après l’exercice et se caractérise par:

  • une toux,
  • un essoufflement avec
  • des sibilants respiratoires.

Quelles précautions faut-il prendre à la montagne et au froid ?

Tout d’abord, il faut partir avec un asthme stabilisé. Cela se prépare plusieurs semaines à l’avance.

  • Si l’asthme est fréquemment émaillé de crises plus ou moins sévères, il faut revoir l’intensité du traitement de fond.
  • Si l’asthme est au contraire stable, il n’est pas question d’arrêter son traitement en se disant que l’atmosphère en montagne est bien plus saine que celle de la plaine ou des villes. L’air froid et sec, la raréfaction de l’oxygène couplé à l’accélération du rythme respiratoire lors d’un effort sportif peuvent suffire à engendrer une crise d’asthme sévère.
  • Prévoir, avec votre médecin, le traitement d’une crise d’asthme et les modalités d’administration du traitement de crise
  • Prévoir un traitement préventif avant l’effort
  • Emporter un médicament permettant de traiter rapidement une crise d’asthme : un bronchodilatateur d’action rapide que vous savez manipuler et que vous avez déjà testé avec efficacité en cas de crise.
  • Conserver le double de l’ordonnance comportant votre traitement de crise et de fond.

Les actions préventives

  • Par une température inférieure à moins 15° C, il ne faut pas pratiquer de sport comme le ski de fond, le jogging en montagne, le patin à glace et toute activité nécessitant un accroissement du débit respiratoire. Plus on est jeune en âge plus le risque de crise d’asthme est élevé pour des températures encore plus clémentes.
  • Inhaler une dose de bronchodilatateur d’action rapide avant l’effort.
  • Réchauffer l’air inspiré en se couvrant la bouche et le nez au moyen d’une écharpe. Respirer plutôt par le nez afin de mieux réchauffer l’air inspiré.
  • S’échauffer progressivement  avant d’entamer un effort plus sérieux et durable. Le risque de crise est considérablement réduit.
  • Ne pas forcer pour égaler les performances sportives de son camarade ; c’est s’essouffler et provoquer une crise d’asthme.
  • S’hydrater même pendant l’effort.
  • Emporter un téléphone portable chargé afin de prévenir facilement les secours.
  • Un enfant asthmatique  qui part en classe de neige doit avoir un PAI  (Projet d’Accueil Individualisé) établi avant son départ.

En cas de crise d’asthme

  • Pensez à vous mettre dans un environnement calme avec une seule personne calme près de vous.
  • Rechercher si possible un endroit réchauffé, sans toxiques volatils.
  • Prenez rapidement les doses de bronchodilatateur conseillées par votre médecin ou ce qui est mentionné sur le PAI. Après quelques minutes d’attente (10 mn environ), le traitement  initial peut être de nouveau administré si la crise ne cesse pas.
  • En face d’une crise sévère ou d’une crise qui ne cède pas au traitement bien administré, les secours doivent être immédiatement déclenchés (faire le 15).

Conclusion

Séjourner en altitude est tout à fait possible pour une personne présentant un asthme équilibré, régulièrement traité, sachant observer les précautions en rapport avec les effets de l’altitude et  sachant traiter une crise.

Source : Michalak T et all. Prévalence de l’asthme chez l’athlète, influence de la discipline sportive et des conditions environnementales. Sciences et sports, 2002 ; 17 : 278-285. – Pollard AJ, Niermeyer S, et al. (2001) Children at High Altitude: An International Consensus Statement by an Ad Hoc Committee of the International Society for Mountain Medicine, March 12, 2001. High Altitude Med & Biol 2:389-403. – R Polosa; Effect of altitude on children with asthma; Thorax BMJ Publishing Group Ltd. May 1, 1997. – M P Samuels. The effects of flight and altitude. Archives of Disease in Childhood 2004;89:448-455. – Cold air challenge and specific airway resistance in preschool children », Pædiatr. Respir. Rev., 2005 ; 6 : 255-66. 

 

Mise à jour de la page le 02/10/2010