Mécanisme de l’allergie

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Comment se passe cette réaction allergique ? En se promenant au milieu des arbres en fleurs ou des champs fleuris, il est bon de sentir cette senteur du printemps. En respirant, l’air est chargé de pollens qui descendent jusqu’à la trachée. Le pollen est capté et transporté jusqu’au ganglion lymphatique le plus proche. Celui-ci exerce un tri et détermine parmi tous les allergènes qui lui sont présentés ceux qui seront tolérés ou traités comme des indésirables. A ce stade, l’allergie à un allergènes est définie mais le sujet ne l’a pas encore ressentie. C’est ce que l’on appelle lasensibilisation. A l’occasion d’une autre promenade, la rencontre avec un allergène indésirable déclenche une cascade de réactions; C’est la réaction allergique. Elles sont orchestrées par une cellule appelée mastocyte sur lequel est fixé l’allergène et qui lâche en retour de nombreux médiateurs entraînant l’apparition des signes de l’allergie. Il suffit de 10 grains de pollens par mètre cube d’air pour déclencher une réaction allergique.

Ces réactions sont variables dans leurs expressions et leurs intensités. Cela peut aller de l’urticaire, à la rhinite allergique, à l’asthme, aux lésions bulleuses cutanées, à l’œdème de Quincke ou aux gravissimes chocs anaphylactiques. Les allergènes sont innombrables. De nouvelles molécules crées par l’homme se révèlent avoir un pouvoir allergisant. Les modifications environnementales renforcent une sensibilisation à des allergènes connus.

Quelques exemples :

  • Pollens, animaux, acariens, moisissures entraînent des rhinites allergiques ou des asthmes bronchiques,
  • Certains aliments comme le lait, l’arachide, l’œuf, le céleri ou les crustacés peuvent déclencher des crises d’urticaires voire des chocs anaphylactiques,
  • Le latex, composant des gants comme des préservatifs, est responsable d’une variété de symptômes cliniques allant d’une rhinite allergique commune à un urticaire, un asthme professionnel ou un choc anaphylactique grave ; les protéines du latex favorisent l’émergence d’allergie croisée avec d’autres substances comme l’avocat, le kiwi, la banane, la châtaigne.
  • L’implantation massive de cyprès a fait croître la sensibilisation au pollen de cet arbre.

Le développement de maladies allergique nécessite bien sur la présence d’un allergène mais il est indéniable que la qualité de l’air influence la survenue de la maladie allergique.

Anne Tsicopoulos (Inserm Lille) lors du 4ème Congrès Francophone d’Allergie a introduit une notion supplémentaire. Les effets des allergènes sont amplifiés selon l’environnement :

  • L’utilisation de matériaux combustibles comme le charbon, le pétrole ou le gaz produit des substances comme le monoxyde de carbone, le benzène ou des particules ultrafines de 0,1 microns. Une courte exposition à ces particules fines de 0,1 micron majore l’inflammation allergique au niveau nasal et, chez l’animal, augmente la production d’immunoglobulines (protéines intervenant dans la défense de l’organisme contre les agressions) spécifiques de l’allergie.
  • Les particules d’échappement provenant des moteurs diesel, trente à cent fois plus nombreuses que celles des véhicules à essence, sont des irritants respiratoires mais favorisent aussi la présentation de l’allergène. ce sont des molécules amplificatrices du phénomène allergique.
  • L’émission trop grande de CO2 modifie le climat par le réchauffement de l’atmosphère. Cela engendre une extension de la période allergénique et al diffusion de certaines plantes allergéniques vers les régions qui se réchauffent.
  • Les composants atmosphériques qui composent l’air intérieur que nous respirons de nombreuses heures par jour comportent de nombreuses susbtances allergisantes (moisissures, acariens, allergènes issus des animaux de compagnie) mélangés à des substances irritantes comme les COV qui facilitent la réponse allergique.

Il apparaît que le nombre de substances allergisantes croit par :

  • la création de celles-ci par l’homme,
  • la diffusion du fait de modifications de l’environnement mais que l’expression de la maladie allergique est aussi renforcée par l’exposition à diverses substances polluantes et irritantes pour les voies respiratoires